L’histoire

MOUGUERRE AU 13EME SIECLE

En 1249, la paroisse de MOUGUERRE se nomme SAINT JEAN DE BIUDZ, nom que l’historien Eugène GOYHENECHE rapprochait de BEIOS, ancien nom de la maison forte de MIOTZ, à VILLEFRANQUE. Le nom de Saint Jean permet de supposer que la création de la paroisse date d’un peu avant 1100. Le nom de MOUGUERRE apparaît pour la première fois en 1566 sous la forme de MUGUERRO qui peut s’expliquer par la traduction basque de muga qui signifie « frontière », car MOUGUERRE se situait à la limite administrative et linguistique du Labourdet des Pays Gascons. D’autres, dont Mr ORPUSTAN, professeur à l’université de Bordeaux 3, fait dériver MOUGUERRE de Mugaharri qui signifie « rocher de la frontière », mugaerre « frontière brûlée » ou mugaberri « nouvelle frontière ».

Mouguerre Elizaberry
Mouguerre Elizaberry

MOUGUERRE IL Y A 200 ANS

Avant 1789, MOUGUERRE avait sa propre organisation communale régie par des statuts. Son territoire était celui de la paroisse de SAINT JEAN LE VIEUX au lieu de MOUGUERRE.

Il y avait 5 quartiers :

  • IRUNDAITZ-BEHERE
  • IRUNDAITZ-GARAY
  • GALHARTIA
  • LA PLACE
  • CIGARO

Les Barthes étaient sur le territoire de BAYONNE et LAHONCE.

Il n’existait pas de Conseil Municipal proprement dit. Chaque année au 31 décembre, les habitants de MOUGUERRE, à l ‘exception de la noblesse et du clergé, se réunissaient à COUROUTZ. Le maire faisait un petit discours remerciant les habitants de l’avoir élu et remettant son mandat à l’Assemblée, qui nommait deux personnes chargées de vérifier ses comptes de gestion de l’année écoulée. Puis les habitants, par quartiers, élisaient deux personnes dont l’une, tirée au sort, était nommée Jurat. Parmi les 5 Jurats désignés, un Maire Abbé était proclamé pour un an.

Leur rôle était surtout de représenter les habitants de leur quartier, de participer à la perception de l’impôt, de s’occuper avec le Maire Abbé de toutes les affaires de la Communauté. Le Maire était responsable

bataille-napoleon
Blocus de Bayonne 1814 – Tableau de E. Fort

de la Communauté, des dépenses de celle-ci et de la gestion du patrimoine, en particulier de la forêt d’Igouralde, des bois communaux et des landes communales.

Des réunions plus générales avaient lieu à la sortie de la messe du dimanche, en particulier pour les ventes aux enchères. Ce qui nous amène aux droits d’église et de sépulture sous l’ancien régime. Les droits de siège à l’église et de sépulture au cimetière dépendaient de la maison et faisaient partie intégrante du patrimoine familial, qui se transmettait avec lui de génération en génération.

Au 17ème siècle, chaque maison possédait dans l’église son jarleku, sépulture symbolique avec siège réservé à la maîtresse de maison qui s’y tenait pendant les cérémonies. Leur place dans l’église déterminait le rang des maisons pour aller à l’offrande ou dans les processions. Ces droits honorifiques d’église et de sépulture, faisant corps avec la maison, suivaient son sort en cas de transfert de propriété. En principe inaliénables, ils donnaient parfois lieu à quelques transactions et suscitaient des conflits de préséance.

Bien que ce patrimoine fût en principe indivisible et que la sépulture en fit partie intégrante, les tombes faisaient parfois l’objet de cessions gratuites. Les préséances attachées aux droits honorifiques d’église suscitaient parfois des litiges, que des arbitres nommés par les parties tâchaient de régler à l’amiable

Eglise St Jean Baptiste
Eglise St Jean Baptiste

En 1724 , à la suite des révoltes de ST JEAN LE VIEUX (1685), MOUGUERRE et ST PIERRE D’IRUBE (1696), la population d’Ainhoa se révolta contre la gabelle, révolte d’opposition aux nouvelles taxes, annonciatrice de celles qui soulevèrent presque tout le Labourd en 1726, BAYONNE et ST JEAN PIED DE PORT en 1748. En décembre 1813, les coteaux de MOUGUERRE furent le théâtre de combats acharnés opposant le Maréchal SOULT et WELLINGTON, qui avait franchi les Pyrénées et assiégeait BAYONNE.

MOUGUERRE ET LE CHEMIN DE FER 1857-1867

C’est en 1857 que Mouguerre se voit traverser par la ligne de chemin de fer Toulouse/Bayonne. La construction de la ligne Bordeaux/Bayonne s’était achevée le 2 octobre 1854 avec l’arrivée à St Esprit de la première locomotive, puis l’ouverture officielle de la ligne Dax/Bayonne, le 26 mars 1855. C’est la compagnie du midi, qui dès 1857, commence les travaux de terrassement entre Lahonce et Mousserolles. La ligne Puyoo/Mousserolles était ouverte le 25 janvier 1855. Mais c’est seulement après la construction du tunnel de Camp de Prats que le tronçon Mousserolles/St Esprit fut ouvert aux voyageurs le 31 juillet 1866. En ce qui concerne Mouguerre, la voie ferrée passait à travers les terrains communaux du Port et la zone des Barthes, elle traversait aussi le chemin de la Barthe et les ruisseaux dits de Leste et d’Oyhenard. Mais des plaintes et réclamations des habitants se faisaient entendre, car l’établissement de la voie avait engendré la suppression du Port d’embarquement situé à l’extrémité du canal navigable dit de Lesté ou d’Ibusty. Ce canal reliait l’Adour à une carrière de pierres de bonne qualité. En conséquence, le Maire et le Conseil Municipal demandèrent au Préfet d’intervenir auprès de l’administration du Chemin de Fer, pour obtenir le rétablissement du Port supprimé ou son remplacement, ou à défaut une indemnité suffisante permettant à la commune de pourvoir elle-même à son remplacement. En 1867, les Chemins de Fer proposèrent 500F à la commune pour la suppression du port, ce que le Conseil Municipal accepta.

L’établissement de la ligne Toulouse/Bayonne eut des conséquences sur le peuplement et l’habitat de la commune entre 1861 et 1872. Elle fut à l’origine, dans les quartiers du Port et des Barthes, de constructions nouvelles. Elle a amené parallèlement, dans ces mêmes quartiers, l’installation d’une population liée à l’activité ferroviaire : ouvriers de chemin de fer, cantonniers, aiguilleurs…